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de Hollywood à Nuremberg
exposition du 10 mars au 31 août 2010

Accéder au site internet de l'exposition : Filmer les camps, John Ford, George Stevens, Samuel Fuller, de Hollywood à Nuremberg, et découvrez des images inédites, présentés ici en avant-première.
Il y a soixante-cinq ans, le monde découvrait les films tournés par les Alliés dans les camps de concentration et d’extermination nazis. De ces images qui nous sont parvenues, nous ne connaissons peu ou pas les auteurs et encore moins les conditions de leur réalisation. Le Mémorial a choisi de suivre le parcours de trois des producteurs de ces images, des cinéastes venus de Hollywood : John Ford, Samuel Fuller, George Stevens.
George Stevens était célèbre pour ses comédies et la mise en scène du couple formé à l’écran par Fred Astaire et Ginger Rodgers, avant de diriger pendant la guerre une unité spéciale de cameramen, la Special Coverage Unit (SPECOU), qui va filmer la libération du camp de Dachau.
Samuel Fuller s’était fait connaître par son talent de « crime reporter » dans la presse tabloïd, puis de scénariste, avant de rejoindre en 1942 la première division d’infanterie de l’armée américaine, la fameuse « Big Red One », et de filmer la libération du camp de Falkenau.
 George Stevens et son équipe. France, 1945.© George Stevens Paper. Margaret Herrick Library. Academy of Motion Picture Arts and Sciences
En 1945, les images de Dachau prises par l’équipe de Stevens sont insérées dans un documentaire montré d’abord aux États-Unis avant d’être projeté à titre de preuve des crimes nazis devant le Tribunal militaire international de Nuremberg. Cette expérience, inédite, a été préparée par John Ford, qui dirigeait lui-même une unité spéciale, la Field Photographic Branch (FPB), chargée de réaliser entre autres ce film, Les Camps de concentration nazis, et de mettre en place le filmage du procès.
Si l’exposition se limite aux deux camps de Dachau et de Falkenau (satellite de Flossenbürg), elle est néanmoins de nature à faire comprendre au public les conditions dans lesquelles les cameramen américains ont travaillé. Les équipes mises en place par John Ford et George Stevens comprennent des opérateurs professionnels, reconnus et expérimentés, ou formés spécialement à cette occasion.
L’exposition raconte l’histoire de ces trois grands cinéastes dont le parcours a été bouleversé par les violences de la Seconde Guerre mondiale et la mise en présence des victimes des « atrocités nazies ».
La présentation dans leur déroulement chronologique des films qu’ils ont réalisés permet de donner une place aux spectateurs d’aujourd’hui, non pas frontale, mais en retrait, derrière l’épaule des opérateurs. Ceux-ci, après avoir préparé leurs gestes de médiation, ont commenté de manière circonstanciée leurs prises de vue.
Grâce à la collaboration de l’Academy of Motion Pictures, Arts and Sciences et de la Lilly Library (Université de Bloomington, Indiana), et la participation de Christa Fuller, George Stevens Jr. et Jerry Rudes, le Mémorial est en mesure de montrer pour la première fois en France un ensemble souvent inédit de documents d’archives, de films et de photographies qui permettent de retracer, presque au jour le jour, une expérience vécue à la première personne, en même temps que transmise en héritage aux générations d’après.
Commissariat de l’exposition :
Christian Delage, historien, enseignant chercheur à l’université Paris VIII et à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).
Coordination générale : Sophie Nagiscarde, responsable du service des activités culturelles et Marie-Édith Agostini, coordinatrice des expositions, Mémorial de la Shoah.
cycles de films et rencontres
Du 10 au 22 mars, le Mémorial propose un cycle de rencontres et de films consacré aux images de la découverte des camps et aux réalisateurs évoqués dans l’exposition : on pourra y revoir les films réalisés dès 1945 tels Death Mills, Memory of the camps, Majdanek ou Auschwitz, les versions intégrales des films diffusés en extraits dans l’exposition – Le journal d’Anne Frank de George Stevens, The Big Red One ou Verboten de Samuel Fuller ainsi que de nombreux documentaires – réalisés par Emil Weiss, Adam Simon, Adam Blake ou George Stevens Jr.
Voir la programmation du cycle
Films et conférences permettront de comprendre et de remettre en perspective historique l’ensemble des questions soulevées par l’exposition, et de rencontrer des personnalités, historiens et proches des réalisateurs et de leur travail.
À partir de mai 2010, le Mémorial évoquera les relations entre Hollywood et la Shoah avec une importante programmation de fi lms réalisés pour le cinéma et pour la télévision depuis la fin de la guerre jusqu’à nos jours.
en consultation au Centre d'enseignement multimédia
Une sélection de films en lien avec l’exposition est consultable gratuitement au Centre d’enseignement multimédia du Mémorial : Des films de et sur Samuel Fuller (Au-delà de la gloire, Les maraudeurs attaquent, Falkenau, vision de l’impossible. Samuel Fuller témoigne, Histoires de cinéma : Samuel Fuller), de George Stevens (Le Journal d’Anne Frank), de John Ford (Les Sacrifiés, 7 décembre, Permission jusqu’à l’aube) et sur l’ouverture des camps (Le Retour, Death Mills, Nazi Concentration Camps…)
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