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Accueil  >  La “Solution finale” en France

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  La “Solution finale” en France
 
Après l'armistice signé le 22 juin 1940, les 3/5 du territoire français sont occupés par les troupes allemandes. Une ligne de démarcation est créée entre cette zone occupée et la zone dite libre. L'administration de "l'État français", dirigé par le maréchal Pétain et dont le gouvernement siège à Vichy, est présente dans les deux zones. La législation antijuive mise en place entre 1940 et 1942 est le fait des Allemands pour la seule zone occupée alors que les "lois" de Vichy concernent l’ensemble du territoire.  
 


La politique antisémite de Vichy


Dès l’automne 1940, l’État français adopte une politique d’exclusion contre les Juifs. Le 3 octobre, il promulgue la loi portant "Statut des Juifs" qui énumère la liste des professions interdites, liste qui ne cessera de s’élargir. Le 4 octobre, c’est la loi sur "les ressortissants étrangers de race juive". Ils sont 40 000 à être internés dans "des camps spéciaux" (Gurs, Rivesaltes, etc.) où règnent la faim, le froid et les maladies. Le 7 octobre, les Juifs d’Algérie perdent leur nationalité française. En mars 1941, à la demande des Allemands, est créé le Commissariat général aux questions juives (CGQJ). Il est chargé d'organiser la dépossession des Juifs de leurs biens (entreprises, commerces), de constituer des fichiers et de promouvoir la propagande antisémite. Le 2 juin 1941, l’État français ordonne un recensement sur tout le territoire et promulgue un deuxième statut des Juifs. Les fichiers constitués serviront aux arrestations.


 
 
 
 

Le tournant de l'été 1942

Sur demande de l’occupant, des arrestations ont lieu à Paris en mai, août puis décembre 1941. Des milliers de Juifs étrangers et français, des hommes uniquement, sont internés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande (Loiret), à Drancy et à Compiègne. À partir de 1942, les persécutions s'intensifient. Le 27 mars, un premier convoi de Juifs quitte la France pour Auschwitz. En juin, en zone occupée, les Allemands obligent les Juifs à porter l'étoile jaune. L'accès à la plupart des lieux publics leur est interdit. Réclamée par l'occupant et menée exclusivement par la police française, la rafle des 16 et 17 juillet 1942, dite rafle du Vel’d’Hiv’, marque un tournant décisif dans l’application de la "Solution finale de la question juive" en France. Pour la première fois, les femmes et les enfants ne sont pas épargnés. Cette rafle visant essentiellement les Juifs étrangers se solde par l'arrestation, à Paris et en banlieue, de 12 884 personnes dont 4 051 enfants de 2 à 16 ans. Environ 3 000 d'entre eux, de nationalité française car nés en France, sont séparés de force de leurs parents. Les autorités de Vichy obtiennent de celles de Berlin qu'ils soient également déportés. Les victimes de cette rafle sont transférées dans les camps du Loiret ou directement à Drancy, camp de transit d'où partent les convois à destination d'Auschwitz-Birkenau. Les mois suivants, d'autres arrestations ont lieu en zone occupée. Au cours de l'été, le gouvernement de Vichy livre aux Allemands des milliers de Juifs étrangers jusqu'alors internés dans les camps de la zone libre. Dans les principales villes de cette zone, il organise une grande rafle le 26 août. Cependant, les persécutions et les arrestations émeuvent une partie de la population dont la grande majorité était restée jusqu'alors indifférente ou passive. Quelques hautes personnalités de l'Église catholique ou réformée protestent publiquement. L'État français ralentit alors sa collaboration policière avec l'occupant. Des actions clandestines de sauvetage, notamment celui des enfants, se multiplient. Ces actes de résistance civile sont l'oeuvre de Juifs et de non-Juifs.


 
 
 
 

De l'invasion de la zone sud à la Libération

En novembre 1942, la zone sud est envahie par les Allemands et les Italiens. La zone italienne, le sud-est de la France, est un refuge pour les Juifs. Mais, à partir de septembre 1943, l'ensemble du territoire est occupé par les Allemands. Désormais, même si la police française est encore impliquée, c'est l'occupant qui le plus souvent se charge des arrestations. De nombreux Juifs sont par ailleurs arrêtés voire assassinés par la Milice française. Un dernier convoi pour Auschwitz-Birkenau quitte Drancy le 31 juillet 1944.

Bilan de la Shoah en France 
En 1940, 320 000 Juifs dont environ 70 000 enfants vivent en France.
La moitié est de nationalité étrangère.
80 000 victimes de la Shoah en France : environ 55 000 Juifs étrangers
et 25 000 Juifs de nationalité française.
Déportés de France : plus de 75 000 dont environ 11 600 enfants (2 000 de moins de 6 ans).
Seuls 2 500 de ces déportés ont survécu.
Morts dans les camps d'internement français : environ 3 000.
Exécutés ou abattus sommairement en France : environ un millier.
Nombre de déportés par année :
1942 : 42 000 en 43 convois (vers Auschwitz-Birkenau).
1943 : 17 000 en 17 convois (13 vers Auschwitz-Birkenau, 4 vers Sobibor).
1944 : 15 000 en 14 convois (dont 12 vers Auschwitz-Birkenau, un vers la Lituanie et l’Estonie et
un vers Buchenwald).
Un millier de Juifs du nord de la France ont été déportés via la Belgique.


 
 
 
   

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