Vue du mur des Noms au Mémorial de la Shoah

Le Mémorial de la Shoah à Drancy

 

Depuis son ouverture le 27 janvier 2005, le Mémorial de la Shoah est un musée dont les fonds documentaires et les compétences sont au service de la transmission et de l’histoire sur la Shoah.
Dans la continuité de cette mission, le Mémorial de la Shoah à ouvert à Drancy un nouveau lieu d’histoire et d’éducation situé face à la Cité de la Muette. Réalisé à l’initiative et grâce au soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, ce centre a pour vocation de présenter l’histoire du camp de Drancy.

La transformation de la Cité de la Muette en camp d'internement

Habitat collectif bâti dans les années 1930 mais jamais achevé, la Cité de la Muette devient en 1941 un camp d’internement, puis en 1942 le camp de regroupement des Juifs de France en vue de leur déportation vers les camps d’extermination. Entre mars 1942 et août 1944, environ 63 000 Juifs ont été déportés du camp de Drancy, parmi les 76 000 Juifs déportés de France

Un site complémentaire

Complémentaire du Mémorial de la Shoah de Paris, le Mémorial de la Shoah de Drancy est un lieu de médiation entre le site de l’ancien camp et le public, un lieu d’histoire et de transmission. Il permet au public scolaire comme au grand public de mieux connaître l’histoire de la Cité de la Muette et notamment le rôle central qu'a joué le camp de Drancy dans l’exclusion des Juifs de France pendant la Seconde Guerre mondiale et dans la mise en œuvre de la « Solution finale » par les nazis en France, avec la complicité du gouvernement de Vichy.

Le Mémorial de la Shoah de Drancy s'intègre en outre dans un parcours de mémoire des principaux lieux de la Seconde Guerre mondiale en Île-de-France.

Une architecture simple et transparente

Construit sur un terrain mis à disposition par la mairie de Drancy, ce mémorial a été conçu par l’architecte suisse Roger Diener dont le style est résolument sobre. Contrairement à certains édifices, l’architecture du Mémorial de la Shoah de Drancy ne fait aucune référence à l’histoire du génocide pour ne pas rivaliser avec la Cité de la Muette.

« Le projet du Mémorial de Drancy comme lieu commémoratif est à la fois simple et hautement complexe. Inscrit dans l’alignement des immeubles de la rue Jean Jaurès, sur une parcelle d’angle typique pour le quartier, le bâtiment possède une architecture à plusieurs niveaux qui confère au Mémorial son caractère propre. Orientée vers la Cité de la Muette, la façade représentative transparente laisse découvrir l’organisation verticale de l’ouvrage et crée entre celui-ci et l’ancien camp d’internement un axe fort et essentiel. […]

Sa force signifiante, le Mémorial de Drancy la tire de sa proximité immédiate avec l’emplacement historique du camp d’internement vers lequel il s’ouvre. Son organisation interne est conçue comme une « mémoire composée ». À travers la façade transparente, l’observateur extérieur peut tout le temps voir ce qui se fait à l’intérieur : le travail de mémoire. »

Cinq espaces de médiation

Le bâtiment s’articule sur 5 niveaux : une salle de conférence au sous-sol, des espaces d’accueil au rez-de-chaussée, des salles pédagogiques pour recevoir les groupes, un centre de documentation. Une exposition permanente à laquelle ont contribué le documentariste Patrick Rotman et la réalisatrice Delphine Gleize, retrace l’histoire et le fonctionnement du camp, ainsi que la vie quotidienne des internés.