La Suisse terre d’asile ? La parole des témoins Dans le cadre de la présidence de la Suisse de l'International Holocaust Remembrance Alliance

dimanche 11 février 2018 à 14h30

André Panczer

Jusqu’en 1942, André et ses parents vivent à Paris. Ils se replient ensuite à Prayssac (Lot), puis à Nice, après un séjour dans la « colonie juive » de Megève (Haute-Savoie). Le 21 septembre 1943, alors âgé de 8 ans, André est mis dans un convoi d’enfants vers la Suisse par le Mouvement de la jeunesse sioniste dirigé localement par Jacques Wajntrob, qui sera arrêté deux jours plus tard et déporté. Les 20 enfants passent sans encombre en Suisse où André séjournera dans la famille Bosshard.

Isidore Jacubowiez

Jusqu’en mai 1944, Isidore est écolier et vit sous son vrai nom à Paris. Alors hébergé chez une voisine de ses parents (sa mère est déportée en 1943 et son père se cache), il est convoyé vers Lyon, où un réseau s’occupe de lui faire gagner la Suisse. Il y arrive le 25 mai, par un convoi de 11 enfants de 7 à 18 ans organisé par une filière présentée sous le nom « Les soeurs de la Sainte-Famille ».

Edmond Richemond

En 1942, Edmond Richemond a 13 ans lorsque sa mère est arrêtée pendant la rafle du Vél’d’Hiv. Parvenu à s’échapper, il est recueilli par des voisins et confié plus tard à La Colonie scolaire et aux EEIF qui le font passer en Suisse. Réfugié à Genève, il est transféré au centre de triage des Cropettes puis aux camps des Charmilles, de Varembé et de Champel. Jusqu’à la fin de la guerre, il travaille dans un hôtel de luxe de Crans-Montana. Il retrouvera son frère et son père, tous deux survivants d’Auschwitz.

Rosette Tasma-Wielblad

En juillet 1942, Rosette Tasma-Wielblad et sa famille échappent à la rafle du Vél’d’Hiv en se cachant chez une voisine. Elle est placée avec sa soeur chez une nourrice. Ses parents sont arrêtés en novembre 1943 et déportés à Auschwitz quelques jours avant son 9e anniversaire. Rosette se cache avec sa tante, son oncle et ses cousins à Saint-Pierrede- Chartreuse près de Grenoble. Elle fait partie d’un convoi emmené par Marianne Cohn jusqu’à un passeur à la frontière Suisse. Elle est ensuite recueillie par une famille à Genève.

Sabine Sonabend

La famille Sonabend tente de passer en Suisse en août 1942. Elle est refoulée vers la France par la Suisse. Arrêtés par une patrouille allemande, les parents sont déportés. En 1997, invoquant la loi sur la responsabilité, Charles Sonabend porte plainte auprès du Conseil fédéral et réclame à la Confédération une indemnité pour tort moral. Sa soeur, Sabine, présente une demande dans le même sens en 1999.

 

suivis de la projection de

Closed Country de Kaspar Kasics

Suisse, documentaire, 82 mn, Extra-Film, Schweizer Radio und Fernsehen, Teleclub AG, 1999.

Destins croisés de la famille Sonabend et de la famille Popowski. Fritz Straub est garde au poste-frontière de Boncourt où la famille Sonabend est refoulée le 17 août 1942. Elle est contrainte de résider dans un couvent avant d’être expulsée.Fritz Straub et les religieuses suivent à la lettre les ordres du chef de la police Heinrich Rothmund. Quelques jours plus tôt, le 8 août 1942, Heinrich Rothmund avait donné personnellement son accord pour l’entrée de la famille Popowski en Suisse.

En présence de Georges Loinger, Frida Wattenberg et Liliane Klein-Lieber, invités d’honneur, des témoins André Panczer, Isidore Jacubowiez, Edmond Richemond, Rosette Tasma-Wielblad et Sabine Sonabend et de l’historienne Ruth Fivaz-Silbermann.

Animés par Perrine Kervran, journaliste, France Culture.

Entrée libre sur réservation

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