Dans le cadre de l’exposition Images de la rafle du « billet vert »
Le 4 octobre 1940, un décret‑loi promulgué par le gouvernement Pétain autorise l’internement des Juifs étrangers. Entre les 9 et 13 mai 1941, la police française envoie 6 494 convocations sous la forme d’un simple petit papier de couleur verte. Le 14 mai 1941, quelque 3 700 hommes y répondent. Peu connue du grand public, la rafle du « billet vert » frappe pourtant durablement les Juifs de Paris. Il s’agit de la première vague d’arrestations massives visant pères, frères et époux. Arrêtés à leur arrivée au gymnase Japy, ils seront ensuite transférés vers les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande avant d’être déportés en Pologne. Les 16 et 17 juillet 1942, les premières victimes de la rafle du Vel d’Hiv seront les femmes et les enfants venus le 14 mai 1941 accompagner les hommes arrêtés.
En présence de Jean‑Marc Dreyfus, historien, professeur à l’université de Manchester (Royaume-Uni).
La découverte en septembre 2020 d’un reportage photographique contenant 98 images inédites de la rafle du « billet vert » a ouvert la voie à une meilleure connaissance de cet épisode de l’histoire de la Shoah en France. Depuis, les équipes du Mémorial ont identifié les lieux et les individus qui figurent sur ces photos, mais aussi leur auteur, un certain Harry Croner, photographe de la Propagandakompanie. Présenté pour la première fois au grand public, cet ensemble inédit redonne visage et corps aux acteurs et victimes du « billet vert », à l’image de Yankiel Zylberberg. Survivant d’Auschwitz et des marches de la mort, il est libéré le 10 mai 1945. Sa petite-fille, Laurie Cholewa, livre l’enquête qu’elle a menée sur le parcours de déportation de son grand-père, dans son ouvrage Pépé Jacques.
En présence de Laurie Cholewa, auteure de l’ouvrage Pépé Jacques (Robert Laffont, 2025), et Lior Lalieu, responsable de la photothèque du Mémorial et commissaire de l’exposition.
En conversation avec Jean‑Marc Dreyfus, historien.
À l’issue des conférences, les auteurs dédicacerons leurs ouvrages.