C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition de l’écrivain Marcel Cohen survenue le 31 juillet dernier.
Marcel Cohen nait le 9 octobre 1937 à Asnières sur Seine, dans une famille juive originaire de Turquie. Marcel assiste à l’arrestation de ses parents, grands-parents, son oncle et sa sœur alors qu’il revient d’une promenade avec l’employée de maison. Annette, c’est son nom, gardera auprès d’elle le jeune Marcel et l’emmènera dans sa famille à la campagne, en Ille et vilaine, où il restera caché jusqu’à la fin de la guerre.
Internés à Drancy, son père, son oncle et ses grands-parents sont déportés par le convoi 59, tandis que sa mère est envoyée à l’hopital Rothschild avec le bébé, Monique, jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge de 6 mois. Elles sont ensuite toutes deux transférées au camp de Drancy et déportées le 17 décembre 1943 par le convoi 63. Aucun ne reviendra.
Dans son ouvrage “Sur la scène intérieure“, Marcel Cohen évoque des tranches de vies des membres de sa famille disparus au travers des objets qui leur ont appartenu et qu’il a pu conserver. C’est lors d’une présentation publique de cet ouvrage que Marcel Cohen a fait part de son inquiétude sur le devenir de ces objets.
Le Mémorial de la Shoah lui a naturellement proposé de les conserver dans ses archives: parmi eux, la dernière lettre de sa mère, Maria, et la gourmette de bébé de Monique dont il n’existe aucune photo. A l’occasion de cette donation, Marcel Cohen avait accepté notre invitation à venir parler de ces objets et de ce geste de transmission, avec pudeur et émotion.
Nous adressons à sa veuve, Mme Jacqueline Cohen, nos plus sincères condoléances.