La présidente de l’Union des déportés d’Auschwitz et rescapée de la Shoah, Arlette Testyler, née Reiman, est décédée vendredi 12 juin à Paris.
Arlette est née le 30 mars 1933 à l’hôpital Rothschild dans le 12e arrondissement de Paris. Elle est la fille d’Abraham et Malka (Marie) Reiman, originaires de Pologne. Avec ses parents et sa sœur Madeleine, d’un an son aînée, elle habite 114 rue du Temple dans le 3e arrondissement de Paris. Ancien engagé volontaire dans l’Armée française, son père est arrêté le 14 mai 1941 lors de la rafle dite « du billet vert » et interné au camp de Pithiviers. Ses proches lui rendent visite au camp grâce à la complicité du gendarme alsacien Gaston Schiffmacher. Abraham est déporté au camp d’Auschwitz-Birkenau par le convoi n°4 du 25 juin 1942, où il est assassiné.
Arlette, sa mère et sa sœur sont arrêtées le 16 juillet 1942 au domicile familial et envoyées au Vel d’Hiv. Elles sont transférées trois jours plus tard au camp de Beaune-la-Rolande depuis la gare d’Austerlitz.
Grâce au courage de Malka qui prétexte la récupération de matériels de confection utiles à l’effort de guerre allemand, elles s’évadent du train qui les ramène à Paris. Arlette et Madeleine sont cachées par Jeanne et Jean Philippeau, des artisans-savetiers, à Vendôme dans le Loir-et-Cher, où Arlette dit être née une deuxième fois. Leur mère les récupère en 1944.
A la Libération, comprenant qu’Abraham ne reviendrait pas, Malka, se laisse mourir de chagrin. Orpheline de guerre, Arlette poursuit ses études et devient expert-comptable. Elle épouse en 1952 Charles Testyler, un ancien déporté de Pologne, dont le frère Joseph avait épousé sa sœur. Le couple a deux enfants, Nathan et Marina. Avec Charles, ils fondent en 1994 l’association Mémoire et Vigilance des lycéens, témoignent dans les établissements scolaires et organisent de nombreux voyages en Pologne. Ils sont également les auteurs de l’ouvrage « Les Enfants aussi ! », publié aux éditions Delattre en 2010.

Administratrice de l’Union des déportés d’Auschwitz, Arlette en devient vice-présidente en 2023 puis présidente en 2024.
Cette même année 2024, elle publie avec Alexandre Duyck « J’avais 9 ans quand ils nous ont raflées », chez Hugo Doc, tout en continuant à témoigner partout en France.

Mémorial de la Shoah
Ses derniers combats furent la dénonciation du développement de l’antisémitisme dans notre pays et la reconnaissance en 2025 comme « Justes parmi les nations » du couple Philippeau.
Arlette a été élevée au rang d’officier de la Légion d’honneur le 26 septembre 2025 au Mémorial de la Shoah par Patricia Miralles, ministre déléguée auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants. Quelques mois plus tôt, en juillet, Pierre-François Veil, président de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, lui remettait la cravate de commandeur des Palmes académiques.
Le Mémorial de la Shoah présente à sa fille Marina et à toute sa famille ses plus sincères condoléances. Il salue une figure majeure de la mémoire de la Shoah, dont la chaleur et la force de caractère touchaient tous ceux qui l’ont connue.